LDTR : les Genevois trancheront le 27 septembre sur la vente aux locataires
Après l'aboutissement du référendum de la gauche et de l'ASLOCA, la modification de la LDTR facilitant l'achat de son logement par le locataire sera soumise au vote populaire le 27 septembre 2026.

C'est l'un des scrutins cantonaux les plus attendus de l'année à Genève. La loi 13025 modifiant la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (LDTR), intitulée « Pour que les locataires puissent devenir, s'ils le souhaitent, propriétaires de leur propre logement », sera soumise au peuple le 27 septembre 2026, comme le confirment les prises de position publiées fin juin par les partis genevois.
Une loi votée en décembre, contestée en février
Pour mémoire, la majorité de droite du Grand Conseil avait adopté cette modification de la LDTR en décembre 2025, par 59 voix contre 33 et une abstention. Le texte assouplit les conditions auxquelles un locataire peut acheter le logement qu'il occupe : aujourd'hui, une telle vente exige notamment l'aval de 60% des locataires de l'immeuble. La nouvelle mouture supprime ce verrou, mais maintient des garde-fous : l'acheteur doit occuper l'appartement depuis au moins trois ans et s'engager à y rester cinq ans. Le prix de vente est en outre plafonné, avec une référence au prix moyen des PPE approuvées en zone de développement.
Le spectre du congé-vente
Dénonçant une forme de congé-vente, la gauche et l'ASLOCA ont lancé un référendum qui a abouti le 6 février 2026, avec 1333 signatures déposées à la Chancellerie, selon Le Courrier et Keystone-ATS. Pour les référendaires, emmenés notamment par le conseiller national Christian Dandrès (PS/GE), juriste à l'ASLOCA, le texte ouvre la porte à une vente à la découpe du parc locatif genevois, comme dans les années 1980 : congés donnés pour vendre les appartements au gain des propriétaires, sélection des locataires solvables et hausse des loyers. La députée socialiste Caroline Renold avait qualifié les protections prévues de poudre aux yeux lors des débats parlementaires. Fin juin 2026, les Vert-e-s genevois-es ont recommandé le NON, estimant que le projet met en danger le parc locatif et risque d'accentuer la spéculation au détriment des locataires modestes.
La droite défend l'accès à la propriété
Du côté des partisans, la députée PLR Diane Barbier-Mueller, également présidente de la Chambre genevoise immobilière, voit dans cette réforme une mesure concrète d'encouragement à la propriété, insistant sur les prix abordables auxquels les appartements pourront être acquis. Les députés de droite soulignent qu'aucun locataire ne sera obligé d'acheter et que la modification, qualifiée de modérée par le député LJS Laurent Seydoux, ne remet pas en cause les fondements de la LDTR.
Un historique défavorable aux assouplissements
L'issue du scrutin est incertaine, mais l'histoire plaide pour les référendaires : lors de trois précédentes votations sur des thèmes similaires ces dernières décennies, les Genevois ont toujours suivi la gauche et l'ASLOCA. Dans un canton où le taux de vacance reste dérisoire et où la question du logement cristallise les tensions politiques, ce vote constituera un test majeur pour l'équilibre entre protection du parc locatif et encouragement à la propriété. Les professionnels de l'immobilier comme les locataires en attente d'acheter leur logement devront patienter jusqu'au 27 septembre pour être fixés.
Sources : lecourrier.ch (6 février 2026), radiolac.ch (décembre 2025 et février 2026), verts-ge.ch (assemblée générale du 25 juin 2026), swissinfo.ch (6 février 2026).